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Juin 21

La crise !

J’ai dit, dans l’Acte 1, que je n’avais plus quitté le peloton de tête de ma classe jusqu’en 1959… Pardon, j’ai menti… En effet, car à 17 ans, frustré par trois années d’internat, je voyais les externes et demi-pensionnaires sortir le soir, côtoyer les filles, aller au TNP, à l’Olympia ou au cinéma le jeudi, alors que l’obligation d’être de retour de sortie avant quatre heures nous l’interdisait… J’ai fait ma crise !

J’ai tellement assiégé mes chers parents de mille bonnes raisons de quitter l’internat qu’ils ont fini par céder.
En « math-technique », l’année d’après le premier bac, je devenais donc demi-pensionnaire.

Cette bêtise, car c’en est une, associée au fait que notre prof de maths, exactement l’opposé de Mr Hutan qui nous avait couvés depuis la troisième, ne s’occupait que de Michel Aubin, au dessus du lot, et qui intègrera Polytechnique, cette bêtise, donc, me fit partir en vrille, et, de chambre en chambre, jusqu’à me retrouver chez Richevillain, un rapatrié d’Algérie aisé qui demeurait dans le quinzième, avec qui je sortais beaucoup… Je ratais mon second bac en juin.

Parti en Pologne sur la trace de mes ancêtres sur ce piteux échec, je ne préparais même pas la cession de septembre, mais je passais quand même en classe de « PENIAM » pour préparer le concours des Arts et Métiers, que nous passions pour la seconde fois, la première était alors un entrainement… sauf pour Aubin qui avait réussi du premier coup, mais avait préféré aller à Louis le Grand pour préparer Polytechnique.

Mon trait de génie fut alors de dire, en septembre, à mes parents : « Papa, Maman, je retourne en internat préparer les Arts ». Ma crise était terminée…

Il parait que nous en faisons tous une, c’est naturel… Le tout est d’en sortir sans conséquences !
Mais je crois que les « crises » actuelles présentent de nombreuses similitudes avec la mienne, tant un « ado » de 1957 ressemble étrangement, sur les plans physiologique et psychique, à un « ado » de 2017. Non ?

Jean Claude KOWALSKI : Jean Bapt 1954-59